Le fil à plomb ne dit pas d'où vient le vent

Le Maçon libre dans une Loge libre… que dit l'histoire de la GLNF ?

Nous proposons à ceux qui revendiquent « le maçon libre dans la loge libre » au nom d’un retour à la tradition de relire nos textes fondateurs et les décisions prises à l’origine de notre Grande Loge. Ecoutons les historiens nous dire ce qu'ont décidé nos pères fondateurs et plongeons dans les archives ! 
 
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1. Rappel historique
Lorsqu'en 1913 "Le Centre des Amis" et les délégués de l’Atelier bordelais "Anglaise 204" se réunirent, ils adoptèrent, notamment, les décisions suivantes :
- la reconstitution des deux Loges sous leurs titres respectifs,
- l’union de ces deux Loges,
- la fondation, au moyen de cette union, d’une Grande Loge sous la dénomination de « Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises »,
- une Constitution de 13 articles.

Cette Constitution provisoire devait être remplacée par la Constitution du 4 Novembre 1915 qui demeure toujours le texte de référence de la GLNF. Il convient donc de se souvenir du cadre réglementaire qu’elle définit pour la vie des Loges. 


2. La Constitution du 4 Novembre 1915
Une série d’articles de la Constitution du 4 Novembre 1915 régissent ainsi les rapports de la Loge avec l’Obédience en mettant plus particulièrement l’accent sur :

Les modalités de la constitution de la Loge
Art. 54.  Demande de Constitution.
Toute demande de constitution d’une nouvelle Loge, signée par sept Maîtres- Maçons au moins, doit être adressée au Grand Maître par l’entremise du Grand Maître Provincial de la région où doit s’ouvrir l’atelier.

Art. 33.  Constitution des Loges.
Toute Loge doit être solennellement constituée par le Grand Maître Provincial, ou, en son absence, par un Grand Officier désigné par la Grande Loge.

La présence obligatoire de la Charte
Art. 34.
Si une Charte de Constitution est perdue ou retenue illégalement, la Loge doit suspendre ses travaux jusqu’à ce que la Charte soit rendue ou jusqu’à ce que le Grand Maître ait autorisée qu’une nouvelle Charte soit accordée.

La compatibilité du Règlement Intérieur
Art. 42.  Règlement Intérieur.
Chaque Loge a le pouvoir d’établir son règlement intérieur pourvu qu’il ne soit en rien contraire aux lois de la Grande Loge. Ce règlement doit être remis au Grand Secrétaire par l’entremise du Grand Secrétaire Provincial, avec le préavis du Grand Maître Provincial, pour recevoir l’approbation de la Grande Loge.

L’engagement pris par le Vénérable Maître
Art. 40.  Obligation du Vénérable Maître.
Le Vénérable Maître élu, avant d’être installé dans la Chaire, doit prêter serment d’observer la Constitution et de la faire strictement respecter dans sa Loge.

 

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3. Les décisions de la Grande Loge
Les relevés des décisions prises par le Souverain Grand Comité (29 juin 1917-13 juin 1930) et par le Grand Collège Provincial de Neustrie (16 mai 1928-5 novembre 1937), ainsi que les comptes rendus de la Commission Administrative du Souverain Grand Comité (31 mai 1918-11 avril 1919) permettent de mesurer les règles strictes auxquelles étaient soumises les Loges dans leur fonctionnement quotidien entre 1915 et 1940.
En voici quelques exemples parmi les plus significatifs. 

La Déclaration d’Association
A l’automne 1917, la GLNIR s’est trouvée dans l’obligation de se déclarer en tant qu’association auprès des autorités de la République.
Trois possibilités ont été alors envisagées :
-       une déclaration globale au niveau de la Grande Loge,
-       une déclaration au niveau des Provinces de Neustrie et d’Aquitaine,
-       une déclaration au niveau des Loges.

Une Commission Administrative spécialisée fut formée au sein du Souverain Grand Comité pour réfléchir à la question. Il fut décidé que seule la Grande Loge ferait une déclaration à la Préfecture de Police de Paris. La Commission Administrative cessa ses travaux dès le second semestre 1918 et la question d’une déclaration individuelle des Loges ne fut plus jamais abordée par le Souverain Grand Comité.


Extrait du procès-verbal du Souverain Grand Comité du 19 décembre 1917.
« Le Souverain Grand Comité après une sérieuse discussion vote sur l’urgence le principe de la Déclaration de la Grande Loge Nationale sous forme d’association déclarée en conformité avec la Loi du 1er Juillet 1901. Ce vote a lieu à l’unanimité».


 
Le Règlement Intérieur
A l’origine, le Souverain Grand Comité était seul compétent pour approuver les Règlements Intérieurs des Loges et leurs modifications.


Extrait du procès- verbal du Souverain Grand Comité du 19 juin 1922.
« Règlements Intérieurs.
. Liberation n°8 : sont approuvés.
. Britannic n°9 : changements sont approuvés.
. Builders of SC n°12 : sont approuvés à l’exception du Reg N° 5 où il faut mettre GLN en place de GL of England et supprimer N° 29 ».


 A partir du début des années 1930, l’approbation des propositions de modifications de leur Règlement Intérieur par les Ateliers releva désormais de la compétence de leur Province.

 

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Le règlement des Capitations
Toute demande formulée par une Loge pour obtenir une réduction ou une suppression de ses droits de capitation doit être adressée au Grand Collège Provincial qui, après l’avoir instruite, la transmet au Souverain Grand Comité qui arrête la décision définitive.


Extrait du procès- verbal du Grand Collège Provincial de Neustrie du 15 décembre 1931.
« Loge St Claudius N° 21.
Une lettre est lue de la Loge St Claudius N° 21 sollicitant une diminution ou même l’abolition des droits de capitation de la Grande Loge et de la Grande Loge Provinciale étant donné que cette Loge est une Loge d’Etude dont les membres font partie d’autres Loges de l’Obédience.
Le Grand Collège Provincial sans délibérer à fond sur cette demande décide d’envoyer la lettre à la Grande Loge avec les remarques suivantes :
En ce qui concerne la Province de Neustrie nos ressources financières ne nous permettent pas une diminution des droits de capitation à moins que nous puissions récupérer le montant par une augmentation générale de nos taxes provinciales.
Par conséquent, nous ne soumettrons ni un Avis favorable ni un Avis défavorable ».

Extrait du procès- verbal du Grand Collège Provincial de Neustrie du 19 janvier 1932.
« Loge St Claudius N° 21.
Lecture est donnée de la réponse du Souverain Grand Comité à la demande de la Loge ci- dessus de diminuer ou abolir les droits de capitations ; le Souverain Grand Comité se trouve dans l’impossibilité d’accéder à cette demande mais étudiera la possibilité d’apporter son appui à la Loge St. Claudius ».


 
Le changement de local
Toute demande formulée par une Loge pour changer son lieu de réunion est obligatoirement soumis à l’autorisation du Grand Collège Provincial.

 Extrait du procès- verbal du Grand Collège Provincial de Neustrie du 21 décembre 1928.
« Loge Haven n°17.
Cette Loge sollicite l’autorisation de transférer son local à 1 bis rue André Caplet, Le Havre. Les nouveaux locaux ont été visités par cinq Officiers Provinciaux et le rapport de ces derniers est lu. D’après ce rapport les locaux présentent toutes les garanties nécessaires et dans ces conditions la demande reçoit l’avis favorable du Grand Collège Provincial ».


La notion de « Maçon libre dans une Loge libre » n'est pas une notion de la Franc-Maçonnerie étrangère. Elle a effectivement été émise par Paul GOUMAIN-CORNILLE, un Frère appartenant à l’un des vingt-deux Ateliers écossais qui s’affranchirent en 1880 de la tutelle du Suprême Conseil de France. Ces ateliers ont ainsi voulu signifier que leur nouvelle Obédience, la Grande Loge Symbolique Ecossaise, était désormais débarrassée du Suprême Conseil et du Grand Architecte de l’Univers !
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